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Le Dr Jacques-Christian Brault pratique la médecine familiale au Bas-Saint-Laurent. Au cours des derniers mois, il a diagnostiqué au moins deux cas de la maladie de Lyme, l’un chez un adulte et l’autre chez un jeune enfant. Dans les deux cas, les victimes ont été en contact direct avec des animaux.
« Il y a beaucoup de chevreuils dans la région et ils sont bourrés de bibittes. Ils ne sont pas nerveux pour rien », note le médecin avec humour. Son patient adulte est en contact quotidien avec les chevaux en plus de séjourner régulièrement dans le Maine. Le jeune enfant a pour sa part flatté la fourrure d’un animal qu’un parent venait de trapper.
Au Bas-Saint-Laurent, le Dr Brault pratique à Pohénégamook, à Saint-Alexandre-de-Kamouraska et à Notre-Dame-du-Lac. Il a donc l’occasion de recevoir une clientèle ayant des contacts fréquents avec la forêt, soit les bûcherons, trappeurs ou simples randonneurs. Nombreux sont également ceux qui visitent l’État voisin du Maine. Il est aussi fort conscient des incidences éventuelles des changements climatiques sur la santé. Fièvre Q, maladie de Lyme, indique-t-il, plusieurs maladies peuvent être facilement confondues.
« Il faut y penser, constate-t-il. Il faut absolument faire l’historique du patient, savoir ce qu’il a fait, où il est allé. Si on n’y porte pas attention, on ne le trouvera pas. Il y a un paquet de maladies qui ne peuvent pas être décelées si on n’y pense pas. Les zoonoses sont d’ailleurs un peu sous-diagnostiquées. »
Parce qu’il faut compter entre quatre et six semaines pour obtenir les résultats d’une sérologie, soit une analyse de sang, le Dr Brault préfère démarrer le traitement rapidement s’il constate des symptômes.
Sans attendre
Médecin-conseil auprès de l’Institut national de santé publique du Québec, François Milord approuve cette démarche. Les nombreux symptômes, reconnaît-il, peuvent être facilement confondus.
« Si un médecin connaît l’histoire d’une personne qui correspond à la maladie de Lyme, convient-il, il devrait entreprendre un traitement sans attendre les résultats d’analyses. »
Au Québec, explique-t-il, les analyses sont effectuées en quelques étapes. Dans un premier temps, la technique Elisa déterminera si une exploration plus poussée doit être entreprise. Dans ce cas, un échantillon de sang est expédié au laboratoire canadien de Winnipeg. À cet endroit, décrit-il, le test Western Blot va révéler la présence ou non d’anticorps. Dépendamment des bandes affectées, un peu comme des fréquences radio, le diagnostic pourra s’avérer positif ou non.
Interrogé sur les différences de diagnostics entre le Québec et les États-Unis, le Dr Milord affirme que la procédure est identique des deux côtés de la frontière. Il doit cependant admettre que l’identification de la maladie de Lyme ne fait pas l’unanimité au sein du corps médical, tant au Québec qu’aux États-Unis.
En forte progression au Québec
La maladie de Lyme est en forte progression au Québec. Au cours de la dernière année, 114 cas ont été rapportés comparativement à une quarantaine durant l’année précédente. De fait, le taux d’incidence par 100 000 habitants a doublé en l’espace d’un an, constate l’Institut national de santé publique du Québec.
Pour la première fois depuis la surveillance instituée par Québec en 2004, la proportion de cas acquis au Québec dépasse celle des cas extérieurs. La région de la Montérégie arrive en tête de liste avec 57 cas au total, dont la majorité (75 %) contractés au Québec. La maladie de Lyme est à déclaration obligatoire depuis novembre 2003.
La maladie est transmise par les tiques, qui sont actives de la fin du printemps au début de l’automne. Son signalement suit d’ailleurs l’activité des tiques. Selon la Santé publique, la situation au Québec ressemble beaucoup à celle du Vermont, où le nombre de cas acquis localement est passé de 12 à 267 entre 2000 et 2012.