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STUKELY-SUD — Chez les Arès de Stukely-Sud, la diversité a meilleur goût. Et ce n’est pas d’hier qu’il en est ainsi. Ils sont à la fois producteurs bovins, éleveurs porcins et acériculteurs. Leurs revenus sont partagés à parts quasi égales entre ces trois productions.
Le nom de l’exploitation agricole d’Alain Arès et de Shirley Duplessis, Érapolait, est le reflet de sa diversité. Ce mot-valise illustre les différentes activités de l’endroit. Les bovins ont toutefois remplacé, au fil du temps, la production laitière initiale.
« Mon père a toujours dit : ‘‘Si tu as juste une production, quand ça va mal, ça va mal. Mais tu vas toujours t’en sortir si tu as d’autres cartes dans ta manche’’ », explique le père d’Alain Arès, René, encore actif à la ferme. « J’ai toujours gardé la même philosophie », ajoute l’aïeul de la famille, qui a lui-même pris la relève de son père, Eugène, et de son grand-père, Albert.
Alain représente donc la quatrième génération d’agriculteurs sur le chemin Sainte-Anne. Il a lui aussi opté pour cette pluralité d’activités et il a eu l’occasion d’en valider le bien-fondé.
Sa conjointe et lui ont repris l’entreprise agricole familiale en deux temps : la porcherie en 2003, puis l’étable et l’érablière en 2014.
Porcs bios
Depuis que le couple est à la tête de l’entreprise, il a d’ailleurs fait l’acquisition, en 2018, de la ferme voisine, qui appartenait à une autre branche d’Arès.
La nouvelle étable acquise accueillait, à l’origine, des bovins de la race Parthenaise. Mais cette dernière a été délaissée au profit de bovins des races Simmental et Angus croisées, qui sont à l’extérieur de la fin avril à octobre.
C’est également en 2018 que les parents de quatre enfants aujourd’hui âgés de 16 à 23 ans ont décidé de mettre une croix sur la maternité de sa porcherie afin de plutôt élever des porcs biologiques, qui vont au pâturage, pour DuBreton. Une décision judicieuse, en fin de compte, estime Alain Arès.
L’emplacement relativement isolé de leur élevage porcin à Stukely-Sud contribue à assurer une protection sanitaire favorable au mode de production bio.
La génération suivante en tête
La superficie de l’érablière exploitée par les Arès a également pris de l’ampleur au fil du temps. Elle compte désormais 13 500 entailles. Le sirop produit annuellement est vendu en vrac à la coopérative Citadelle.
« Chaque génération a amélioré la ferme, soit en grossissant ou en améliorant le troupeau », souligne avec justesse la conjointe de René Arès et mère d’Alain, Noëlle-Ange Laramée. « Le but, c’est de toujours penser à la génération suivante », confirme Shirley Duplessis.
Et, pour l’heure, les membres de la génération suivante – la cinquième de la famille Arès – démontrent de l’intérêt à reprendre le flambeau. Thomas, Rosalie, Léa et Laury participent tous aux travaux quotidiens de la ferme depuis qu’ils sont hauts comme trois pommes.
L’aîné de la famille, Thomas, a suivi des cours de mécanique agricole et de productions animales. Il est actuellement en démarche pour obtenir le permis de conduire de la classe 1. Il siège d’ailleurs au conseil d’administration du Syndicat de la relève agricole de l’Estrie et représente la relève au sein du Syndicat des producteurs de bovins de l’Estrie. Sa sœur Rosalie a, pour sa part, terminé, en mai 2023, ses études en productions animales à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec, tandis que Léa est inscrite à une formation collégiale en santé animale. La benjamine, Laury, étudiante en quatrième secondaire, affirme également être interpellée par les animaux.
« Ils veulent tous une place, résume leur mère. Pour l’instant, Rosalie travaille à la ferme à temps plein comme salariée. Thomas travaille à l’extérieur, mais il va aussi se joindre à nous, peut-être à l’hiver. »
« On va essayer de mettre de l’avant de nouveaux projets ou de nouvelles stratégies pour que tout le monde ait sa place, souligne leur père. Mais il faut voir l’intérêt de chacun. »
À court terme, aucune acquisition n’est cependant dans la mire de la ferme Érapolait. « On attend de voir ce qui va arriver avec l’économie », note Shirley. « On essaie plus, pour l’instant, de perfectionner ce qu’on a pour obtenir plus de revenus », analyse Rosalie.
Cela n’empêche pas la jeune femme de 21 ans de faire ses propres expériences. Elle a récemment fait l’acquisition de sept chèvres Boer. La génétique et la reproduction l’intéressent, dit-elle. Une autre preuve que la diversité des activités a bon goût chez les Arès.
Le bon coup de l’entreprise
Cesser les activités de la maternité porcine, en 2018, afin de travailler plutôt avec DuBreton pour l’engraissement de porcs biologiques a assurément été un bon coup de l’entreprise, croient Alain Arès et Shirley Duplessis. Le temps consacré aux soins est beaucoup moins élevé avec la nouvelle vocation de la porcherie. « Ça nous donne plus de temps pour faire autre chose », fait valoir la productrice. Les porcs étant sur litière, la qualité du fumier, plus solide que liquide, s’en trouve également améliorée. « Je suis convaincu que ça va améliorer la qualité des sols avec le temps », affirme Alain. Autre point positif : les odeurs s’en trouvent atténuées.
Équipement utile
Le remplacement, en 2020, de la bouilleuse, qui datait des années 1950, à la cabane à sucre, n’était pas un luxe, affirme Alain Arès. « Ç’a coupé de moitié le temps de bouillage et la quantité de bois utilisé, dit-il. On est partis de 15 gallons de sirop à l’heure à 30-35 gallons. » « Ça nous a aidés parce qu’on a rajouté des entailles quand on acheté l’autre terre en 2018, renchérit Shirley Duplessis. Et on est aussi allés chercher d’autres entailles chez un voisin. Ça nous permet d’augmenter la production. » Environ 3 400 gallons de sirop sont désormais produits annuellement par l’entreprise.
Fiche technique | |
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Nom de la ferme : | Érapolait |
Spécialités : | Productions porcine, bovine et acéricole |
Année de fondation : | 1996 |
Noms des propriétaires : | Shirley Duplessis et Alain Arès |
Nombre de générations : | 5 |
Superficie en culture : | 50 hectares |
Cheptel : | 100 bovins et 1 200 porcs |
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